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Conduites du maître et comportements du chien |
200
questionnaires ont été remplis à loccasion de visites chez un spécialiste
du comportement du chien. Les personnes questionnées venaient chercher
des conseils pour résoudre les problèmes de comportement quelles rencontraient
avec leur animal familier. Une fois établi le type de trouble du chien,
les questions portaient sur les habitudes des maîtres avec leur animal
: où et quand le chien mange-t-il, où dort-il, a-t-il accès aux chambres,
est-il promené et par qui ? etc.
Parmi
ces troubles, nous avons choisi de constituer quatre catégories :
agressif pour lhomme, agressif pour les autres chiens, agressif
pour lhomme et les autres chiens et "non agressif", cette
dernière catégorie regroupant une grande variété dautres troubles
(fugueur, destructeur, ...). On a recherché les corrélats de ces troubles
dans les habitudes des maîtres par des méthodes danalyses multivariées.
Les
résultats ont indiqué que lélément qui différenciait
le mieux les quatre groupes était "promené par qui" :
les chiens promenés par Madame ou Mademoiselle sont statistiquement plus
souvent agressifs pour lhomme ; ceux promenés par Monsieur
sont plus souvent agressifs pour les autres chiens ou pour lhomme
et les autres chiens ; les chiens non agressifs sont eux promenés
par les enfants ou indifféremment par nimporte quel membre de la
famille.
Interprétation, : Madame se sentant protégée par un animal qu’elle sait menaçant pour l’homme n’hésite pas à sortir le promener ; Monsieur se dévoue pour sortir le chien qui tentera d’agresser tout autre compagnon de rencontre pendant la promenade... Alors que nous cherchions comment les conduites du maître pouvaient influencer le comportement du chien, nous avons l’impression d’avoir montré comment le caractère du chien déterminait les comportements de toute la famille. |
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Qu'est-ce
que l'homme pour le chien ? |
Pour
vivre en bonne entente avec un compagnon animal, sans doute serait-il
souhaitable de savoir ce que nous représentons dans son monde de significations.
L'objectif de cette recherche était de commencer à percer le monde propre
du chien de compagnie.
Des
chiens ont été filmés lors de rencontres soit avec des congénères inconnus,
soit avec un humain inconnu placé dans son environnement familier. Les
vidéos ont été dépouillées finement et les données analysées à l'aide
des outils de l'analyse statistique du langage, l'enchainement des comportements
du chien étant notre lecture de son "discours".
Les
résultats ont révélé une diversité beaucoup plus grande des conduites lors des rencontres avec un humain. Aucune rencontre avec le sujet humain n'a été l'occasion de comportements agressifs ou "territoriaux" de la part des chiens. Les comportements les plus spécifiques des rencontres avec l'homme sont des mouvements évoquant la prise de nourriture et la sollicitation alimentaire.
L'interprétation, toute provisoire et partielle vu le caractère encore limité de l'étude, est que l'homme est peut-être surtout pour le chien "ce qui donne à manger" ? |
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Chiens
de protection des troupeaux ovins
et promeneurs - Mercantour 1998 |
Le retour du Loup dans le massif du Mercantour s'est accompagné d'une augmentation de la prédation sur les troupeaux ovins, obligeant les éleveurs à protéger leurs bêtes par une présence accrue et par l'utilisation de chiens de protection, notamment le Montagne des Pyrénées ou "Patou". Ces chiens éloignent du troupeau les chiens errants, les loups, et autres prédateurs. La question était de savoir s'ils présentaient un danger pour la tranquillité des promeneurs. Une étude a été menée à la demande du GIE "Faune Sauvage" de Saint-Martin Vésubie pendant l'été 1998.

A
proximité de plusieurs troupeaux en alpage on a observé systématiquement
le comportement des chiens lors du passage de touristes, en notant aussi
les attitudes des promeneurs lors des aboiements ou de l'approche des
chiens. Les promeneurs concernés ont ensuite été questionnés sur leur
perception de la rencontre avec les patous et sur leur information quant
au rôle de ces animaux.
Les
résultats ont révélé que les chiens n'approchaient les promeneurs
que dans 46% des passages. Lors de ces approches, ils ne viennent que
rarement au contact des personnes (33% des approches), et le plus souvent
pour se faire caresser... Aucune agression n'a été observée, sur 118 passages
de touristes constatés. Très peu de promeneurs disent avoir eu peur. Il
apparait en outre qu'ils sont pour la plupart mal informés de la fonction
des chiens de protection et de la conduite à tenir lors de leur présence
: ne pas bouger, se laisser flairer par les chiens, ne pas tenter de couper
le troupeau de brebis mais le contourner.
On
peut conclure de cette étude que les accusations de "fauves
sur nos sentiers" portées contre les patous sont sans fondements,
et qu'il faut recommander leur usage dans les régions subissant une prédation
excessive. Une meilleure information des promeneurs est également souhaitable.
Voir
le rapport complet au format PDF (165 Ko)  |
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Patous
et promeneurs dans le massif du Queyras |
Deux ans après le Mercantour, une
seconde étude sur le dérangement occasionné aux promeneurs par les
chiens de protection de troupeaux vient d'être menée dans le massif
du Queyras (été 2001). Sollicitée par le programme Life Loup, l'étude
a été coordonnée par Michel Blanchet pour le Parc Naturel Régional
du Queyras, pilotée et analysée par Gilles Le Pape. Quatre étudiants
de maîtrise de biologie de Tours ont réalisé les observations et l'enquête.

Au col vieux, des promeneurs s'arrêtent à l'approche du patou Photo G. Le Pape
Grace à la collaboration des bergers et éleveurs, nous avons pu travailler dans 6 unités pastorales. Dans chaque alpage la méthode est la même : on observe systématiquement le comportement des chiens lors du passage de touristes, en notant aussi les attitudes des promeneurs lors des aboiements ou de l'approche des chiens. Les promeneurs concernés ont ensuite été questionnés sur leur perception de la rencontre avec les patous et sur leur information quant au rôle de ces animaux. 470 passages de groupes de promeneurs ont ainsi été décrits, et 669 groupes de promeneurs ont été questionnés dont 366 après avoir rencontré le troupeau.
Les
résultats montrent que pour 51% des passages de promeneurs
les patous ne manifestent aucun intérêt, ne sont même pas
alertés. Sur les 232 cas pour lesquels les chiens se sont
intéressés aux promeneurs, seuls 57, soit 25% sont suivis
d'une approche des touristes par les patous. Dans 17 cas seulement
ces approches ont été prolongées jusqu'au contact des promeneurs.
Dans 16 cas sur 17 ce contact a duré moins d'une minute, la
seule activité des patous étant le plus souvent de flairer
les promeneurs. Aucune agression ou morsure n'a été observée. |
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Les observations ont montré également que dans la grande majorité des cas les patous se tenaient toujours à proximité des brebis, que ces dernières chôment, se déplacent ou pâturent. Ils réagissent davantage si les promeneurs sont bruyants ou ont un déplacement rapide ou brusque. La réactivité des patous est également assez fortement influencée par la présence de chiens de compagnie dans le groupe de promeneurs ; dans ces cas ils réagissent et s'approchent presque toujours. Leur réaction s'arrête généralement après avoir senti l'intrus.
Quand ils passent au niveau d'un troupeau, la grande majorité des promeneurs (82%) ne changent rien à leur allure et continuent comme si de rien n'était. Il en va de même lors de l'approche des patous, puisque seuls 14 groupes s'arrêtent parmi les 57 qui ont été approchés.
L'enquête
par questionnaire a révélé que dans 34% des cas les promeneurs n'ont
même pas remarqué la présence des patous. Parmi ceux qui les ont remarqué,
94% des personnes disent ne pas avoir eu peur.
L'enquête a par ailleurs montré que les promeneurs sont assez
largement informés par les panneaux disposés aux départs de sentiers
et les différents médias utilisés dans le Queyras. Ils ont relativement
bien retenu la fonction des chiens de protection et la conduite à
tenir lors de leur rencontre. 96% des promeneurs affirment que la
présence de ces chiens ne va pas modifier leurs habitudes de randonnées.
La
présence des patous dans les alpages, qui, au Queyras comme ailleurs
s'avère très efficace pour protéger les brebis de la prédation, ne
risque donc pas de nuire aux activités touristiques de cette magnifique
région.
Rapport
complet (sans photo) au format pdf (196 Ko)  |
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Notre
relation à l'animal selon qu'on le mange ou pas |
L'étude consiste à
analyser le vocabulaire utilisé dans les titres de publications relatives
au comportement des animaux domestiques entre 1970 et 1998. Les informations
proviennent de la base de données CAB et concernent des revues scientifiques
des domaines de l'éthologie, de la médecine vétérinaire, de l'agronomie
et de la zootechnie. Cela permet de retrouver les problématiques dominantes
à chaque moment de la période considérée, ou pour chaque groupe zoologique.
Cette étude représente le mémoire de DEA de Séverine Montaudouin (DEA
'Temps, Espace, Société' - Orléans - 1999-2000).
Les
résultats ont montré que les problématiques ont beaucoup évolué,
depuis les thèmes chers aux éthologistes et aux éleveurs soucieux
de mieux maîtriser leur élevage dans les années 70 (empreinte, relations
sociales, comportement sexuel), vers le soucis d'améliorer le bien-être
dans les années 80 (mode de logement, de transport, d'élevage, appareillage
d'alimentation...), pour enfin s'orienter à partir de 1990, vers des
préoccupations de productivité et vers la compréhension des besoins
individuels de l'animal pour assurer son bien-être. Les recherches
sur les animaux familiers prennent une place grandissante ; elles
concernent essentiellement les 'comportement inappropriés' à la vie
au sein d'une famille humaine (miction, agressivité). Hors mis les
animaux de compagnie, les différentes thématiques séparent les chevaux
pour lesquels on s'intéresse beaucoup aux capacités d'apprentissage,
des ovins et caprins pour lesquels le comportement maternel tient
beaucoup de place, et des volailles, porcins et bovins, considérés
surtout pour les conditions de logement et l'engraissement. Dans les
dernières années, on s'intéresse à nouveau un peu à la question du
bien-être, notamment chez les porcins et les volailles (stéréotypies,
agressivité).
On remarque une grande influence des demandes du public sur l'orientation
des recherches. L'importance donnée dans la période récente aux variables
psychologiques (tempérament, anxiété, différences individuelles, apprentissage...)
concerne essentiellement les animaux qu'on ne mange pas. Il est peut-être
permis de penser que cela présage de belles améliorations dans les
conditions d'élevage ? Mais l'évolution des rapports de force entre
les intérêts des éleveurs, la demande du public et la politique des
bailleurs de fonds reste une grande inconnue.
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