Une
étude de terrain, associant plusieurs partenaires et utilisant une approche
épidémiologique, a été réalisée dans 45 élevages commerciaux sur les truies
gestantes. Les femelles reproductrices passent la plus grande partie de
leur carrière dans latelier de gestation, où les contraintes diffèrent
en fonction des systèmes de logement (contention, attachée, blocage, groupement
en bâtiment ou en plein air).
Nous
avons retenu des élevages qui utilisaient la même lignée de truies, avec
des tailles de troupeaux comparables et des performances zootechniques
proches des moyennes nationales. Des signes objectivables de "mal-être"
ont pu être comparés entre systèmes de logement, mais aussi mis en relation
avec les autres paramètres analysés au moyen danalyses multifactorielles.
Les
résultats de la pré-enquête ont indiqué que les activités oro-nasales
répétitives non alimentaires ne sont pas spécifiques des logements où
la truie est en contention, mais que leur expression motrice (mordre,
sucer, frotter du groin) apparaît statistiquement associée à un système
de logement donné.
Lenquête
fournit des tableaux cliniques caractéristiques de chaque type de logement
:
- Le logement en plein air est associé à la présence significative de
truies dont létat dembonpoint est insuffisant, qui ne changent
pas de position dans lheure suivant le repas et qui se couchent
tard.
- Le logement en groupe en bâtiment est associé à des lésions liées au
contexte social (griffures, atteintes de la vulve), des lésions des mamelles,
une position latérale au repos et une fréquence moindre dactivités
stéréotypées.
- La contention attachée est associée à une plus grande homogénéité de
létat dembonpoint, une position verticale au repos.
- La contention bloquée est associée à la présence de truies ayant des
abcès et de truies sans aucune lésion observée.
Les
deux logements en contention ont comme caractéristiques commune la présence
significative de lésions du derme et de lépiderme, de déformations
articulaires, doedèmes et de boiteries. |