Vous trouverez ici :

pt Enrichissement des cages de chats utilisés en laboratoire
pt Premiers résultats sur le chat forestier captif
pt Observations d'animaux pendant l'éclipse de soleil du 11 Août 1999
pt Comparaison de plusieurs enclos à loups
pt Etude approfondie d'une meute captive
pt Etude du comportement de l'Ours brun en captivité

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Enrichissement des cages de chats utilisés en laboratoire

Certaines recherches médicales utilisent le chat comme animal de laboratoire, par exemple pour l’étude du virus d’immunodéficience féline (FIV). Pour ces recherches il est parfois nécessaire de maintenir les animaux isolés en cages individuelles. Les chats ne peuvent alors exprimer leur répertoire comportemental naturel et l’enrichissement des cages a pour but de leur permettre de jouer, d’explorer… et de réduire d’éventuels comportements anormaux comme les stéréotypies, une inactivité excessive, l’ennui…

Nous avons comparé les activités de chats isolés dans leur cage d’élevage, selon que la cage était nue, qu’elle contenait une bûche fixée à la paroi ou qu’une une balle suspendue était ajoutée.

Les résultats ont montré une augmentation d’activité générale, notamment lors de l’addition de la balle où elle est multipliée par 5. Les jeux autocentrés (poursuivre sa queue, se rouler par terre) ne diminuent significativement qu’avec l’introduction de la balle suspendue. D’une manière générale, le temps passé à jouer avec la balle est plus important que celui passé à jouer avec la bûche, même quand seule la bûche est placée dans la cage. Toutefois, au cinquième jour après le début de l’expérience, on observait une baisse de l’intérêt des animaux pour les éléments nouveaux : les chats ne passaient plus que 3% de leur temps à utiliser la bûche et 10% de leur temps à utiliser la balle.

En conclusion, dans la mesure où l’expression de comportements de jeux est considérée comme un indice de bien être, l’enrichissement des cages d’élevage par adjonction d’objets mobiles semble être souhaitable. Un renouvellement fréquent de ces objets pourrait en augmenter l’intérêt pour les animaux.

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Amélioration des conditions d'élevage du Chat forestier captif

Le chat sauvage captif, comme beaucoup d'animaux sauvages maintenus en parc animalier, est inactif une grande partie du temps. Par ailleurs, c'est un animal assez solitaire dans la nature, alors que des groupes sont constitués dans les enclos. Nous avons donc réalisé une première expérience d'enrichissement consistant à placer dans l'enclos de petites cages accrochées en hauteur, bien séparées les unes des autres, de sorte que les animaux puissent s'isoler pendant les périodes de repos. De plus on a mis à leur disposition un espace plus grand, séparé en deux parties par une porte ouverte. Dans une seconde expérience les animaux devaient découvrir leur nourriture qui était dissimulée par l'expérimentateur dans différents recoins de l'enclos, au lieu d'être simplement déposée dans une gamelle située dans le sas.

Les animaux ont été observés très finement, par observation directe, pendant plusieurs heures avant toute modification, puis à nouveau à la suite de chaque modification.

Les résultats ont montré que les chats ont occupé tout de suite les nouvelles cages mises à leur disposition et se sont effectivement installés aussi loin que possible les uns des autres. La première expérience a permis une légère augmentation de l'activité locomotrice et de la richesse du répertoire comportemental exprimé. Ces deux effets ont été très nettement améliorés lors de la distribution de nourriture cachée. Aucune des expériences n'a eu d'effet notable dans le sens de la disparition des comportements stéréotypés.

En conclusion, on peut recommander de donner à ces animaux un espace suffisant, constitué de sous-ensembles communiquants mais distincts, et de munir les enclos de caches individuelles nettement éloignées les unes des autres. Il faudra prévoir des emplacements dans lesquels il soit facile de dissimuler de la nourriture, assez nombreux pour en varier quotidiennement les emplacements.

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Observations d'animaux pendant l'éclipse de soleil du 11 Août 1999

Si quelques informations empiriques existent sur le comportement des animaux pendant les éclipses de soleil, elles sont disparates et peu concordantes. L'objet de cette étude était de réaliser des relevés systématiques à l'heure de l'éclipse pendant les quelques jours précédents de manière à connaître le comportement habituel des animaux à cette heure, puis pendant l'éclipse, puis les jours suivants pour évaluer la persistence d'une éventuelle perturbation.

Les observations, réalisées au parc de Sainte Croix (Rhodes, Lorraine) ont porté sur un enclos de loups d'Europe, un enclos d'ours bruns, des chats sauvages, des hiboux Grand Duc, des ratons laveurs et des "animaux de la ferme" : une truie, cinq moutons, une vache, un âne, trois chèvres, cinq poules, un faisan doré, un paon bleu, un paon blanc.

Les résultats préliminaires montrent :
Les chats sauvages, les ratons laveurs, les hiboux, animaux nocturnes, étaient généralement au repos à l'heure de l'éclipse et n'ont en rien modifié leur inactivité.
Les loups d'Europe : pendant les cinq jours d’observation précédant l’éclipse, la meute se situait sur trois zones et était généralement au repos. Les animaux présentaient des comportements de repos, étaient couchés ou immobiles. Quelques déplacements étaient observés. Le jour de l’éclipse, une grande agitation régnait autour de leur enclos (bruit, odeurs, nombreux visiteurs, journalistes et projecteurs TV…). Cela a sans aucun doute perturbé les animaux, ce qui s’est traduit par de nombreux déplacements de l’ensemble de la meute dans la plupart des zones de l’enclos. Au moment de l’obscurité totale, le calme régnait et deux individus de la meute se sont positionnés sur leur promontoire, position qu’ils observent lorsque quelque chose d’inhabituel et qui "capte leur attention " se produit.
Les Lynx se sont eux aussi positionnés sur leur promontoire respectif au moment de l’obscurité totale, ce qui suggère là encore une attention accrue aux événements extérieurs.
Les Ours ont été plus actifs le jour de l’éclipse que pendant les observations précédentes. Des déplacements plus importants ont été observés.
Les cerfs sont présentés en semi-liberté au parc de Sainte Croix. Ils ont libre accès à une plaine, la forêt et les étangs. Pendant les observations précédant l’éclipse, les cerfs et les daims étaient présents dans la plaine, près de leurs mangeoires. Le jour de l’éclipse, au moment de l’obscurité totale, les animaux se sont dirigés dans la forêt, déplacement qu’ils n'effectuent généralement qu'au crépuscule ou lors d’un gros orage.
Les oies grises , se sont déplacées rapidement au milieu de l’étang au moment de l’obscurité totale, comportement qui n'est observé qu'au crépuscule et qui leur permet une protection par rapport à d'éventuels prédateurs nocturnes).
Les animaux de la ferme n'ont pas modifié leur activité pendant l'éclipse.
Les jours suivants tous les animaux ont présenté une activité normale.

On remarque que les espèces prédatrices ont exprimé essentiellement des attitudes "d'attention" accrue, et que seuls les herbivores ont eu des déplacements qu'ils ont d'habitude au crépuscule. Il faut toutefois noter que les jours précédant l'éclipse étaient très ensoleillés, alors que l'éclipse a été précédée de quelques heures par une forte pluie. Cela affaibli sans doute un peu la pertinence de la comparaison aux jours précédents.

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Comparaisons d'enclos à loups

Parce qu'il attire les visiteurs et qu'il se reproduit bien en captivité, le Loup d'Europe est devenu un pensionnaire de plus en plus fréquent de nos parcs animaliers et zoos. Les conditions de sa captivité sont toutefois très variables d'un parc à l'autre et rarement satisfaisantes, dès lors qu'on ne se contente pas de l'argument de la reproduction pour décider que les animaux "vont bien". L'objet de cette étude - inachevée pour l'instant - était de faire un état des lieux des loups captifs en Europe et plus particulièrement en France.

Dans tous les parcs visités, la méthode utilisée a consisté en une observation directe de plusieurs heures chaque jour, avec des relevés d'activités et de positions des animaux par balayages.

Les résultats obtenus sur six parcs sont sous presse dans Zoobiology.
En voici le résumé en français :
Pour comprendre et éventuellement améliorer le bien-être d'animaux captifs il peut être intéressant de comparer différentes conditions de captivité. Cela permet d'analyser les différences de comportements entre animaux vivant dans des conditions très restrictives et animaux profitant de conditions plus permissives. Cette étude porte sur 10 périodes d'observations réalisées dans six enclos à loups différents, présentant des caractéristiques variées. Les indices de bien-être utilisés ont été la balance activité / repos, la diversité du répertoire comportemental et l'utilisation de l'espace disponible.
Les résultats montrent que la proportion du temps passé au repos est d'autant plus grande que l'enclos est plus grand et confortable. Dans chaque enclos, on constate que les animaux n'utilisent qu'une partie de l'espace disponible. L'espace peu ou pas occupé est généralement à proximité du passage des visiteurs et est d'autant plus petit que l'enclos est petit. Ces résultats montrent qu'il est important de fournir aux animaux un choix d'emplacements dans l'enclos. La diversité comportementale est peu affectée par les conditions physiques de l'enclos. Par contre elle peut être très affectée par la composition de la meute. La principale distinction se fait selon l'ambiance dans la meute : il y a des meutes où s'expriment beaucoup de comportements agressifs et des meutes dans lesquelles au contraire l'ambiance est davantage aux jeux et aux conduites amicales. Il semble particulièrement important de ne pas mélanger des loups de provenances différentes.

Ces résultats font partie de la thèse d'Anne Frézard : "Le loup (Canis lupus lupus) captif. De la connaissance du monde propre à l'amélioration des conditions de captivité." soutenue le 28 novembre 2002 à Tours. Résumé.

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Etude approfondie d'une meute captive

La meute du parc animalier de Sainte Croix à Rhodes (57) a été étudiée de manière approfondie à différentes saisons par Anne Frézard, dans le cadre de sa thèse : "Le loup (Canis lupus lupus) captif. De la connaissance du monde propre à l'amélioration des conditions de captivité." soutenue le 28 novembre 2002 à Tours.

L'étude des relations interindividuelles a montré que des sous-groupes instables existaient au sein de la meute, que ce soit au niveau des proportions des activités ou au niveau des proportions de l'occupation des différentes régions de l'enclos. Cette meute comprend des individus au tempérament différent. L'analyse des liens entre les individus montre qu'ils semblent effectuer " des associations d'opportunités ". Les liens entre les individus sont labiles, ne correspondent pas aux fratries et ne reflètent pas des catégories d'âge, de sexe ou de statut. La période de reproduction pourrait être à l'origine de cette instabilité et aurait un effet déstructurant au niveau des affinités. Une re-structuration différente du groupe aurait lieu après la période des accouplements. Il est aussi possible que ces résultats soient dus au fait que le couple dominant ne soit pas le couple fondateur de la meute.

Les analyses montrent également que les loups occupent l'enclos de manière différente selon la saison. Différents facteurs tels que la présence du public, la diversité de l'enclos (zones d'ombre, hauteur), les interventions du personnel du parc peuvent être à l'origine de ces modifications. Il existe aussi des variations quotidiennes de l'occupation de l'espace. L'occupation de l'espace n'est pas stéréotypée. Toutefois certains jours consécutifs se ressemblent. Aucun lien particulier n'a pu être trouvé entre ces variations et des événements extérieurs ou des facteurs météorologiques.

Plusieurs expérimentations ont permis une étude des réactions de la meute à la nouveauté : introduction d'objets inconnus, mise en place momentanée de dispositifs d'effarouchement destinés à une utilisation en nature. Seuls le mâle dominant de la meute et les louvetaux ont été actifs vis-à-vis de ces éléments nouveaux, les autres sujets manifestant essentiellement des réactions d'évitement.

Loups

Résumé de la thèse d'Anne Frézard.

Trait

Etude du comportement de l'Ours brun en captivité

La thèse de Séverine Montaudouin a été soutenue en janvier 2005 au Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris). Le titre de la thèse : significations des activités des Ours bruns (Ursus arctos) en captivité : perspectives d’amélioration de leur bien-être.

Mots clés : ours, type d’enclos, activité, occupation de l’espace, Umwelt, bien-être, comportements stéréotypés, psychoéthologie.

LeClos

Dans un premier temps, afin de dresser un état des lieux portant sur de nombreux parcs animaliers, 66 ours bruns captifs ont été observés dans 28 parcs. Cela a permis d’évaluer l’importance des stéréotypies et la qualité des interactions entre les ours. Les modalités d’élevage et d’environnement ont été comparées. 78% des ours adultes présentaient des stéréotypies surtout ceux enfermés pendant la nuit, les stéréotypies étant alors plus fréquentes l’après-midi. Les mouvements de tête étaient surtout présents chez les jeunes. Aucune association n’a été trouvée entre les stéréotypies et les caractéristiques des enclos mis à part le lien entre un grand bassin et une moins grande fréquence de stéréotypies. Enfin, garder plus de deux ours ensemble est très généralement source de conflits, il est préférable qu’ils soient au plus à deux ou qu’ils soient seuls.

Les activités ont été étudiées de manière approfondie chez 16 de ces sujets. Les observations ont utilisé la méthode d’échantillonnage par balayage : à chaque minute on note ce que fait chaque animal et son emplacement dans l’enclos. Les observations durent toute la journée et plusieurs jours de suite à différentes saisons. L’impact des visiteurs et des soigneurs, ont également été étudiés.
Les animaux présentés dans l’enclos le plus grand ont été caractérisés par beaucoup de jeux et autres interactions, beaucoup d’alimentation et de comportements d'attention dirigée vers l'enclos ou vers l'extérieur ; ils étaient aussi parmi les plus jeunes, ce qui explique sans doute pour beaucoup ce résultat. Les animaux d’âge moyen, dans de petits enclos, présentaient beaucoup de stéréotypies Ces dernières peuvent s’intensifier lors de l’attente des repas, d’autant plus si les animaux sont nourris le soir.
Le repos et les stéréotypies sont particulièrement localisés, les stéréotypies sont souvent accompagnées d’une attention aux visiteurs.
Enfin, une réduction progressive de la fréquence des stéréotypies a pu être observée chez deux femelles en l’absence de leur congénère mâle.

L’ensemble de ce travail débouche sur des recommandations concernant le maintien d’ours bruns en captivité. Ces recommandations concernent l’équipement des enclos, le nourrissage des animaux et la composition du groupe. Ces recommandations peuvent être consultées en cliquant ici.
Les références de deux publications relatives à cette recherche se trouvent sur la page des publications.
Pour recevoir l’intégralité de la thèse sur CD ROM, faire un courriel à Séverine Montaudouin.

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